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La réforme des HLM plombe leurs dépenses d’investissement

13 décembre 2018 - par Elsa Teyre

La réforme financière du secteur HLM va limiter leur investissement en matière de nouvelles constructions, l’achat de logements existants ou la maintenance » du parc détenu, estime l’agence de notation.

 

Les organismes HLM français ne sont pas menacés par les économies que leur demande le gouvernement, mais celles-ci vont limiter leurs capacités à investir au cours des prochaines années, a estimé mercredi l’agence de notation Standard and Poor’s (S&P).

« Les organismes HLM français peuvent absorber la baisse des loyers sociaux et les réformes en cours », affirme l’agence dans une étude. Toutefois, « les dépenses d’investissements vont être en première ligne, que ce soit pour de nouvelles constructions, l’achat de logements existants ou la maintenance » du parc détenu, prévient S&P.

En cause, la détérioration de l’excédent brut d’exploitation (voir graphique ci-dessous). Cet avertissement fait écho aux revendications du secteur, selon lequel les économies demandées sont incohérentes avec la volonté affichée par le gouvernement de faciliter la construction de logements.

 

 

Mesures gouvernementales pas assez compensatoires

 

L’exécutif, qui s’est engagé à réexaminer ces économies début 2019, a toutefois favorisé d’autres modes de financement, en premier lieu des prêts de très long terme par la Caisse des dépôts, bras financier de l’État. « Même si cela soulage dans une certaine mesure le secteur, ces mesures sont néanmoins loin de compenser les baisses de loyers », prévient S&P, qui reste par ailleurs vigilant quant à une diversification des organismes vers des activités plus risquées que le seul logement social.

Pour rappel, le gouvernement impose au monde HLM de réduire ses loyers, afin de compenser pour les locataires une baisse des aides publiques au logement dans le parc social. Cette année, cela représente environ 800 M€ pour le secteur, qui demande à revenir sur cette trajectoire budgétaire. En prenant en compte d’autres efforts financiers, dont le relèvement de certains taux de TVA payés par les bailleurs sociaux, les économies s’élèvent à quelque 1,5 Md€ par an d’ici 2020.

 

Selon S&P, ces économies ne représentent pas une menace pour la survie des bailleurs et leur capacité à rembourser leurs prêts car ils « bénéficient d’un environnement institutionnel favorable, très règlementé et fortement contrôlé par l’Etat, avec un historique de soutien public et d’interventions en cas de besoin ». De plus, l’agence s’attend à des effets financièrement favorables d’un autre pan de la réforme du monde HLM, comprisedans la loi Elan : le regroupement des plus petits organismes au sein de structures communes.

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