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Les établissements hôteliers face à la crise

24 avril 2020 - par Elsa Teyre

Les hôtels ne font pas partie des établissements concernés par la fermeture administrative de l’arrêté du 15 mars 2020. Pourtant les mesures de confinement et de restriction des déplacements en France comme à l’étranger ont entrainé la fermeture d’un grand nombre d’entre eux. Selon une récente étude de l’UMIH, 92.5 % des établissements CHR sont actuellement fermés en France.

 

 

Des lieux de gestion de crise

 

Alors qu’un bon nombre d’établissements hôteliers ont fermé leurs portes, d’autres au contraire sont devenus des lieux de gestion de crise. Des chambres d’hôtels ont ainsi été réquisitionnées par les pouvoirs publics pour les sans-abri, le personnel soignant ou encore les femmes victimes de violences conjugales. Certains acteurs privés ont pris spontanément des mesures de solidarité, comme Covivio. La foncière a mis à disposition plusieurs de ses hôtels pour soutenir le personnel soignant, à Barcelone, Bordeaux, Fontainebleau, Lille, Lyon, Marseille, Stains ou encore Toulouse. Covivio a également créé une fondation à destination des personnes démunies frappées par la crise économique actuelle.

 

Certains établissements hôteliers se sont également transformés en centre d’accueil pour les personnes atteintes du Covid-19. En Espagne, par exemple, les hôtels ont été réquisitionnés et médicalisés pour prendre en charge dès le début de l’épidémie des patients présentant des symptômes moins lourds. L’Italie avait pris la même décision début mars pour soulager le système hospitalier. En France, le dispositif « Covisan », lancé par l’AP-HP (l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris) avec l’appui du Groupe Accor, expérimente l’isolement des malades à l’hôtel. L’objectif est double : soulager les hôpitaux tout en réduisant la transmission au sein d’un même foyer. Le dispositif, actuellement pilote, pourrait être généralisé sur tout le territoire pour prévenir une deuxième vague épidémique lors de la phase de déconfinement.

 

 

Se réinventer pour rouvrir

 

Pour l’hôtellerie de loisirs, les espoirs se tournent vers la saison estivale. Pour l’hôtellerie d’affaires, la situation est plus complexe en raison de l’annulation de nombreux évènements, tels que les salons, les festivals ou les rendez-vous sportifs internationaux. Durablement affaibli lui aussi, le tourisme international ne sera que partiellement compensé par le tourisme local. Dans ce contexte, l’ensemble des acteurs de l’hôtellerie, des indépendants aux grands groupes hôteliers, se prépare à une reprise d’activité lente, qui nécessitera une adaptation, en particulier au plan sanitaire.

 

Pour amorcer la sortie de crise, les acteurs de l’hôtellerie se mobilisent et les initiatives se multiplient. A court terme, certains établissements pourront bénéficier d’annulations de charges ou de fonds de solidarité dédiés aux entreprises risquant la faillite. Un comité interministériel sur le tourisme où seront examinées des « mesures indispensables pour faciliter la reprise » doit se tenir courant mai. Le secteur est appelé à faire des propositions concrètes pour rouvrir en toute sécurité : les professionnels réfléchissent dans l’urgence à renforcer l’hygiène et à se réorganiser. Des opérateurs comme Accor ou le groupe B&B Hotels ont déjà amorcé des sorties de crise, en nouant des partenariats avec des cabinets de certification pour se faire accompagner dans la mise en place de nouvelles mesures sanitaires.

 

Un défi mondial a également été lancé pour que les entreprises les plus innovantes atténuent les retombées du Covid-19 sur le tourisme moyennant des solutions relevant des domaines de la santé, de l’économie et de la gestion des destinations.


Toutefois, si la moitié des 170 milliards d’euros de recettes annuelles générées par le secteur le sont pendant le printemps et l’été, certains établissements risquent de faire le choix de ne pas ouvrir : les dépenses d’exploitations avec de telles contraintes et une fréquentation réduite pouvant être supérieures aux recettes.

 

 

Quels impacts sur la valeur des murs ?

 

Les effets de la crise et de la reprise partielle (mesures sanitaires, baisse des voyages d’affaires et fermeture de certaines frontières) ne sont pas encore quantifiables. Malgré cette incertitude, il paraît clair que les valeurs des murs seront impactées à terme par plusieurs facteurs.

 

Les résultats des exploitants subiront des baisses plus ou moins importantes selon les segments (hôtellerie d’affaires, low cost, luxe etc.) et les répercussions en bout de chaîne sur la valeur des actifs devront faire l’objet d’une analyse fine de la part des experts évaluateurs selon le segment, l’occupant ou encore le secteur géographique. La maîtrise des facteurs de ce marché sera indispensable à la projection des cash-flows futurs.

 

Aussi, le risque est que les bailleurs et occupants limitent leurs cessions s’ils le peuvent, le temps de retrouver des indices de performances plus favorables, ce qui ne facilitera pas la lecture du marché.

 

Nous pouvons toutefois nous reporter aux crises passées (bien que différentes), notamment celle de 2008. Le parc hôtelier français avait alors perdu un nombre important de chambres les années suivantes, avec des pertes plus marquées selon les segments et les exploitants, les hôteliers indépendants étant alors les plus touchés par les fermetures.

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